Historique

Appelé aussi Villers-le-Château, par opposition à Villers-la-Ville.
Appellatif ancien comtois villars, issu du bas-latin villaris (sous entendu vicus) adjectif dérivé de villa, et servant à désigner une partie du domaine. Le déterminant -sexel est vraisemblablement une forme issue du latin saxum, rocher.

= Villa sur le Rocher
Et surtout pas Villers-sur-Scey

La Grande Rue

Le Pont

Le Pont Volant

La terre de Villersexel était un fief du comté de Bourgogne. La seigneurie fut ensuite divisée en plusieurs fiefs et leurs mouvances sont difficiles à suivre. En 1789, la seigneurie était dans la famille de Grammont. Erigé en marquisat en 1718. Graves combats en 1871.

Porte de rempart au sud du bourg. Hôpital fondé en 1768 : mobilier 18e ; pharmacie 18e. Le très beau château des Grammont (18e) fut détruit par l’incendie de 1870 ; le château actuel a été reconstruit en 1880 dans le style Louis XIII. Eglise classique, reconstruite 18e : chaire élégante en bois sculpté 17e, bel autel en marbre gris 18e, lutrin en fer forgé, stalles ; Vierge à l’enfant en pierre 16e, toiles 17e et 18e ; reliquaires 15e et 16e et pièces d’orfèvrerie à la sacristie. Belles toiles 17e au presbytère dont le miracle de St Théodule de Van de Velde.

Villersexel, un bourg castral étagé sur la rive gauche de l’Ognon

Depuis le 10e siècle, le territoire de Villersexel s’organise à partir d’un château et d’un moulin.
Il se compose d’un promontoire dominant une plaine à la confluence de deux rivières – le Scey et l’Ognon. Sa position peut assurer aux futurs habitants protection, subsistance et échanges. Comme à Champlitte ou Marnay, la Cité se construit à proximité du premier noyau de peuplement « Villers-la-Ville ». Elle s’inscrit d’abord en continuité du château, sur la colline ; puis s’implante en fonction du relief, sur le coteau jusqu’au cours d’eau.

Des fortifications protègent la Cité et ses habitants, environ 600 personnes au 15e siècle.
Elles s’appuient sur le rebord du plateau qui empêche l’accès de la cité par l’ouest et évoluent avec le développement urbain. Deux portes s’ouvrent vers l’est et une autre vers le sud ; vers Besançon, Vesoul et Belfort. Les guerres successives, en particulier celle de 1636, ont détruit l’enceinte du bourg castral. Des vestiges de murs se repèrent toutefois. La porte de la Palud subsiste, ornée des portraits de François de la Palud et de sa femme Marguerite, seigneurs de Villersexel et de Saint-Hippolyte. Cette famille succède aux comtes de la Roche de 1448 à 1592.

Deux monuments pour célébrer la bataille de Villersexel

Les 9 et 10 janvier 1871, les troupes françaises conduites par Bourbaki, général des guerres d’Afrique et de Crimée, affrontent à Villersexel les bataillons prussiens du général von Werder. La Cité est stratégique, proche de Belfort qu’il faut délivrer pour contrôler la « trouée des Vosges ». L’ennemi y pénètre depuis le pont volant qui relie les forges au parc du château. Les combats sont violents, le château et de nombreuses maisons sont incendiés. Avec la ténacité de cent mille hommes, la défense française reconquiert Villersexel : un fameux succès mais un bref répit dans la campagne de l’Est.

Deux édifices honorent le courage des 83 « enfants du pays » et des « soldats français  morts pour la patrie ». Le monument dit des Cosaques a été élevé pour les seconds au lieu dit du « champ des Cosaques ». Là furent enterrés les soldats russes du tsar Alexandre Ier, morts du typhus en 1815.

Monument aux morts

Monument des Cosaques

La vie de la Cité s’organise entre « bourg en haut » et « bourg en bas »

Près du château, le quartier « haut » était réservé aux notables et aux commerçants.
Il demeure le centre animé de la Cité. La place accueillait les foires et les marchés autour de la halle aux grains. En 1832, le nombre de foires passe de 4 à 12 et le mercredi reste jour de marché. L’église et la mairie s’y tiennent toujours malgré leurs évolutions (reconstruction / transfert). Les échoppes de la Grande rue restent pour la plupart ouvertes.

Le quartier « bas » regroupait les fermes, désormais résidences avec jardins. Une fontaine animait la Grande rue basse, l’un des trois axes parallèles qui structurent ce quartier. Hors les murs, les constructions s’implantent en prolongement de la mairie et du lavoir 19e siècle. Sur la rive droite de l’Ognon, elles s’organisent autour de la gare, des tissages et de leurs cités ouvrières. Ces extensions confirment l’attrait de Villersexel, chef-lieu de canton peuplé actuellement de 1 500 habitants.

Villersexel, marquée par la famille de Grammont (1699-1790)

Les fondations du troisième château de Villersexel apparaissent encore.
Cet édifice, restructuré vers 1713 par Michel-Dorothée de Grammont, était « si fastueux qu’il aurait eu 365 fenêtres et son parc un très beau labyrinthe ». Il fut incendié en janvier 1871 pendant la bataille de Villersexel. En revanche, il ne reste plus trace du premier ni du second château-fort de Villersexel, détruits respectivement au 13e siècle et en 1636 (guerre de Dix Ans).

Félix-Théodule de Grammont a fait construire le château actuel vers 1880, en retrait du précédent. Il est de style Louis XIII, en pierre blanche et brique rouge, coiffé d’une toiture en ardoise grise. La structure est entièrement soutenue par une armature métallique. La composition du site empreinte plusieurs références. Les colonnes à pierres alternées du frontispice d’entrée du château et la ferme du 18e siècle (anciennes écuries) rappellent la saline d’Arc-et-Senans conçue par Claude-Nicolas Ledoux. La tour crénelée du 19e siècle symbolise l’ancienne forteresse. Autres bâtiments du 18e siècle : l’orangerie et la cuverie.
L’intérieur du château est un musée.
Il présente de précieuses collections dans une ambiance 19e siècle : objets d’art, mobilier, tapisseries des Gobelins. Depuis le parc à l’anglaise, la vue donne sur la rivière jusqu’aux anciennes forges seigneuriales.

Château de Villersexel

Certaines maisons datent des 15e-16e siècles

Dans la cité, le bâti est aligné sur la rue sous des toitures en tuiles rouges.
Les façades sont en pierre calcaire apparente ou crépie, de couleur beige clair à gris. Le presbytère et l’ancienne auberge attenante sont en pierre de taille. La mairie et le lavoir comportent du grès rose. Les maisons de caractère sont nombreuses. Elles sont datées des 15e-16e siècles rue de Grammont et Cour du Parlement. Elles présentent des fenêtres à meneaux et en accolades, des tourelles d’escalier ou des clefs de voûte sur des porches. A repérer ; les arcades des anciennes halles sous la mairie (1858). A guetter : les cours intérieures et les caves voûtées lorsqu’elles s’ouvrent aux intimes.
Ici, de nombreuses maisons ont été reconstruites après la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV (1678) et les incendies (1595, 1636, 1871). Les épidémies passées, Villersexel prospère sous l’impulsion des seigneurs de Grammont (1699 à 1790) qui ont érigé le château, les forges et l’hôpital.

L’église Saint Nicolas garde du 13e siècle son vocable, choisi par les seigneurs de Faucogney.
Reconstruite sur place entre 1750 et 1780, elle présente des pilastres, un porche voûté et un clocher carré avec toit bulbeux. A l’intérieur : un mobilier protégé des 16e-18e siècles, un orgue de Callinet (1852, restauré), la pierre tombale du chanoine Tondot. Cet homme a fondé l’oratoire Notre-Dame-de-Pitié en 1628, devenu Hermitage puis institut des religieuses de la Compassion.

Cour du Parlement

Hermitage

L’hôpital de Pierre de Grammont domine le site côté est

Un hôpital aurait existé à Villersexel depuis le 15e siècle.
Une « charité » y est aussi attestée en 1693. En 1753, Pierre de Grammont (1708-1795), fils de Michel-Dorothée, confie la construction d’un établissement important à l’architecte bisontin Nicolas Nicole. Les travaux sont exécutés de 1755 à 1768.
Sobre, le nouvel édifice est bâti sur un « plan à chapelle centrale » comme l’hôpital de Gray. Il pouvait accueillir 24 malades ou vieillards répartis en deux vastes salles à l’étage et s’ouvrant sur une chapelle centrale. Le rez-de-chaussée desservait le logement des religieuses de Sainte Marthe, l’apothicairerie, la cuisine et la lingerie. Préservé, ce décor peut être admiré : mobilier, vaisselle, boiseries de chêne et faïences colorées.

L’hôpital de Grammont a été remanié après 1871.
Une abside est accolée à la façade nord pour abriter la chapelle, de style néo-gothique et typique de la période romantique. Deux ailes sont ajoutées à la façade sud, en retour sur la cour d’honneur. L’établissement est aujourd’hui une maison de retraite privée, avec des extensions contemporaines.

Face avant

Face arrière

L'ancien hôpital, actuellement la Maison de Retraite Fondation de Grammont

Horaires d'ouverture
de la mairie

Du lundi au vendredi
de 10h à 12h et de 14h à 16h

1 place de l'Hôtel de Ville
70110 VILLERSEXEL
Fax : 03 84 20 57 34